Je vais consacrer une discussion au Dr Ruffier personnage un peu oublié du cyclotourisme dont il fut une figure marquante. Le docteur Ruffier a pratiqué le cyclisme dès l'age de dix ans en 1885, jusqu'à quatre-vingts dix ans . Il estimait avoir parcouru 900 000 kms. Personalité hors série, il fut cycliste dès le début du vélo moderne, il courru sur piste surtout sur vélo acatène (sans chaîne). Il se lanca dès la période de ses études dans de longues randonnées inusitées à l'époque. Toutes sa carrière il fit la promotion du sport et de l'hygiène (ce qui n'allait pas de soi à l'époque). Il écrivit sans doute une dizaine d'ouvrages principalement sur le vélo et la gymnastique (gym chez soi..) dont il fut aussi un vulgarisateur, ainsi que sur la boxe et la lutte. Il connu et pratiqua le vélo dès le début de la période ou ce mode de transport fut au point et vit les début presque simultanés de l'auto. Sa réflexion favorite était de se dire que si l'auto n'avait pu se développer et progresser si vite le vélo au point dès 1900 serait devenu le roi du monde et nous aurions eu une autre civilisation. Son ouvrage le plus aboutit c'est "vive la bicyclette" de 1929 assez courant encore sur Ebay. Je l'ai lu et en ai fait un résumé que je vais poster petit à petit, tout en enrichissant parallèlement la partie biographique du texte. Le livre est divisé en 26 chapitres. Il s'agit d'une initiation au cyclisme sous forme romancée (ce qui est très daté comme présentation) d'un jeune homme par Mr Majoret acompagné d'un ami médecin (Jacques) en fait Le Dr Ruffier parle à deux voix celle de Mr Majoret et celle de Jacques. Il y a de fréquentes comparaisons entre la pratique à l'époque du livre et celle de la jeunesse de Ruffier (vers 1890).

chap. I considération sur le vélo et son invention impossible plus tôt: "le vélo est le fils du macadam et du pneu en caoutchouc". L'histoire aurait éte différente si l'auto s'était développée moins vite. Le rêve de Ruffier: une société comme était la Chine il y a encore 10 ans. Ruffier a connu le tourisme à vélo avec l'automobile presque absente et évidement pas de dérailleur.

chap X la position en machine, en 1929 tout est dit sur la détermination de la position et sur l'importance du cale-pied éventuellement sans-courroie dès qu'il s'agit de rouler sérieusement.

chap XI cyclotourisme le DR prone le guidon en moustache plutot que le guidon de course. Il souligen l'importance de la position légèrement penché en avant plutot que droit pour rouler.

chap XII Destruction d'un mythe: non le cyclisme ne rend pas bossu. Il cite des croyances médicales du début du sièce "le cyclisme va nous faire des générations de bossus au thorax étriqué et aux mollets monstrueux" expliqcation anatomique sérieuse (schémas) le vélo redessine le dos. Un coureur de l'époque fait 30 000 km /an.

chap XIII Chasse au "ont-dit" de l'époque: fatigue cardiaque, congestion, mauvaise respiration du cycliste.

chap XIV Le coup de pédale allusion a des nages oubliées: over-arm stroke, strudgeon...Le problème du point-mort et de la remontée de la pédale: -le jeu de la cheville

chap XV l'intéret de l'entrainement unijambiste : constat que les nombreux mutilés de 1914-1918 on perdus 15 % de vitesse et non 50% grace au "coup de cheville" appanage des pros.

chap XVI Les muscles du cyclisme: complexe avec schémas sérieux.

chap XVII Le charme et l'utilité du voyage sont attribués à la rupture des habitudes.

chap XVIII Cyclisme utilitaire: image désuette des flots de cyclistes pédalant de la banlieue vers Paris et leur lieu de travail. A l'époque un tiers des ouvriers se déplace à vélo. Trajet moyen 10 km * 2 , 7 millions de bicyclettes en France à l'époque (chiffre fiable car taxe). Comparaison auto-moto-vélo (personne ne pense à la mobylette alors qui faussera tout le raisonnement 20 ans plus tard). Conclusion le vélo est le meilleurs moyen de transport jusqu'a 10 km . Il y a alors un impot annuel sur les vélos de 18 FRS (18 tickets de métro). Citation: "La bicyclette n'est pas seulement un sport c'est un bienfait social" Pierre Giffard.

chap XIX le vélo, la femme et l'enfant. Pour l'enfant importance d'une bonne formation, ne pas se contenter de "savoir faire du vélo" pour la femme là c'est une autre époque: probléme de l'attitude des populations rurales vis à vis d'une femme en pantalon!!!

Chap XX Entrainement pour celui qui ne peut rouler en semaine: toujours d'actualité pour beaucoup. Ruffier préconnise la montée d'escaliers et les bonds. Il développe pas mal sur la gymnastique matinale à faire chez soi, c'est l'un de ses sujets favoris, il a écrit plusieurs livres la dessus et avait une salle de gym à Paris.

Chap XXI Développement et roue libre sujet squi nous intéresse. A l'époque trois sytémes possibles: la roue Flip-flop assez commune, le moyeu Sturmey-Archer lourd et cher donc rare, les pignons (3) sans dérailleur on s'arrète, on dessere la roue et on change la chaine de pignon... Pour rouler communément Ruffier préconise un développement qui donne 5.25 mètres en 1929 la roue libre est en train de devnir quelque chose de très ommun mais lui préfere le pignon fixe: "on n'acquiert un bon pédalage qu'avec le pignon fixe" texto.

chap XXII La question des pneus le 32 conseillé pour la route comme bon compromis confort/rendement

chap XXIII Frais de route et utilisation d'une carte: En 1929 les gens n'avaient pas de vacances eh oui!! juste quelques jours feriés par-ci par-là et le niveau de vie etait si bas qu'il falait bien refléchir avant de partir quelques jours incroyable n'est-ce pas?

chap XXIV Les bagages, peu de bagages, comment voyager léger, se loger: "voyager c'est un peu s'endurcir" comment charger un vélo: toujours d'actualité pour les cyclotouristes et toujours la grande question: autonomie ou pas ce qui change tout pour le poids.

chap XXV Le changement de vitesse , discussion sur la polymultipliée...60 km en monovitesse ou pignon-fixe semblent idéal comme distance pour le Docteur ce qui correspond a ce que je ressent effectivement. Il parle du dérailleur comme d'un système nouvellement au point qu'il ne pratique pas. Pour lui eh bien en montagne quant on ne peut plus monter on pousse a pieds et de toute façon on finis toujours les chemins a pieds!!

chap XXVI Considération sur la vie de couple et l'intéret d'avoir un goût commun.



Voilà c'est fini! Ce livre qui semble avoir eu beaucoup de succès à l'époque et avoir bénéficié de nombreuse réedition n'est pas une rareté, on le trouve sur Ebay régulièrement pour quelques Euros. D'un premier abord désuet à cause du style romancé il s'avère extremement intéressant surtout pour nous qui sommes des adeptes d'une technique oubliée dont ne parlent plus les manuels actuels. Le chapitres sur la technique de pédalage et son acquisition est très intéressant (unijambisme, obligation du cale pied), et celui sur la position aussi , j'ai expérimenté le guidon de ville "dessous-dessus" donc un peu surbaissé en "moustache" et cela me semble- comme le pense le DR- une alternative crédible au guidon de course pour la randonnée routière même si plus à la mode. Finalement qand je me suis mis au PF il y a un an et demi j'ai empiriquement retrouvé certaines des données de ce livre. Ses considérations sur le pignon-fixe/monovitesse me semblent pertinentes surtout le calcul du développement idéal. Le bon DR faisant cela dans un but de sortie dominicale d'une soixantaine de km et non d'exploit en ville ou sportif. Je vais essayer de scaner quelques bonnes pages, essayer ai-je dit!! Je suis en train de lire son bouquin sur la gym, écrit a une époque ou le sport n'était guère accessible à la moyenne des gens en Europe: semaine de 48 heures de travail sur 6 jours, peu de moyens financiers, pas d'installation sauf club privés hyper chers.

Peut-être ajouterais-je un extrait de ce dernier livre ici. A plus