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  • 10 Post By Slowracer

Discussion: Un petit partage de mes expériences d'hiver. Les vôtres aussi sont bienvenues.

  1. #1
    Slowracer est déconnecté Membre Senior
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    juillet 2014
    Type de vélo
    Route
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    Cannondale
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    448

    Par défaut Un petit partage de mes expériences d'hiver. Les vôtres aussi sont bienvenues.

    Salut la gang,

    Je roule l'hiver depuis plusieurs années et la semaine dernière j'ai reçu plusieurs questions sur Strava au sujet de ma "recette" pour rouler dans des conditions moins faciles:
    Si vous en avez la curiosité, voici le lien: https://www.strava.com/activities/1980430955

    J'ai commencé à rouler l'hiver en continuant simplement le vélo-boulot un certain automne. J'utilisais à l'époque mon fidèle Peugeot Alpin (cyclo-tourisme, freins cantilevers). J'ai trouvé chez MEC des pneus à clous Innova pas trop chers et des bottillons d'hiver Exustar pas trop dispendieux non-plus. Ces bottillons m'ont permis de traverser plusieurs hivers, mais avec le recul, je suis bien content que le design des bottes d'hiver ait évolué avec les années. La cheville de ces bottillons n'était pas assez étanche et je devais porter des couvres-chaussure de toile par-dessus aussitôt que les conditions étaient un peu mouillantes. Lors des grands froids aussi les couvre-chaussures étaient bienvenus.

    Première leçon que j'ai apprise avant la fin de l'hiver: les clous des pneus doivent être munis de pointes en carbure.
    Ces Innovas étaient en réalité des pâles copies des Nokians W106: https://www.rei.com/product/780250/n...-tire-700-x-35.

    Sans pointes de carbure, les clous s'usent trop rapidement et la perte d'adhérence est aussi traître qu'inattendue. Je me souviens encore de l'arrière du Peugeot qui glisse soudainement en virant de Notre-Dame sur Chomedey. J'avais parcouru environ 2000 km cet hiver-là. En m'informant chez mon « pusher » habituel de pièces de vélo (Bernard Larose à St-eustache, les meilleurs! ), André m'avait simplement demandé:

    "-Tu roules pas mal, je sais que c'est un peu plus cher, mais tu ne penses pas que tu serais mieux avec des Nokians?
    -Des Nokians? Ils font des pneus de vélo? J'en veux!"

    J'ai fait deux saisons de course sur glace en auto. J'avais des pneus Nokians commandités sur mon auto et je ne savais même pas qu'ils faisaient des pneus de vélo. La vie est pleine de surprises.
    Avant d’entrer en détails dans mes expériences de pneus et d’équipement, je devrais parler de mes habitudes et de mes préférences comme cycliste. Depuis que j’utilise mon vélo pour aller travailler, je le considère comme mon moyen de transport principal et permanent. Le vélo-boulot n’est pas une activité occasionnelle, c’est tous les jours pour moi. J’aime être dehors, sentir le temps qu’il fait, me sentir libre. Me sentir enfermé dans mon auto et pris dans la congestion me stresse et me déprime. Depuis que j’ai fait ce constat, je suis prêt à faire les efforts et les compromis qui doivent être faits pour continuer à rouler en vélo plutôt qu’en voiture. Le prends mon auto pour me rendre à St-Eustache pour gagner un peu de temps, mais dès que j’entre dans la zone de banlieue congestionné, hop! Sur le vélo.

    IMG_1036b.JPG

    Je traverse donc Laval en diagonale du pont Arthur-Sauvé jusqu’au pont Lachapelle pour me rendre à Ville -St-Laurent, un trajet de 22.5 km. Je l’ai déjà fait en 37 min et quelques secondes dans des conditions exceptionnelles. Ça me prend la plupart du temps en 40-42 min l’été et 45-55 min l’hiver. Donc très prévisible comme trajet et comme délai. Ce trajet me prenait auparavant entre 30 et 90 min en auto, selon la congestion. En train c’était encore plus aléatoire selon les horaires, et les incidents. En vélo, ce qui est moins prévisible, c’est la météo et les conditions routières. Cette activité m’a rendu accro aux applications du genre accu-weather. L’imprévisible devient planifiable.

    En traversant Laval deux fois par jour, on apprend vite à connaître l’opinion des banlieusards sur la présence des cyclistes sur la route. J’ai réalisé que de rouler 22-25 km/h avec mon vélo de tourisme et une sacoche en arrière exacerbe le sentiment d’intolérance. « Va faire du tourisme ailleurs, nous on s’en va travailler ». Les quelques fois où je les utilisais, mon vieux Miele de compétition et mon petit sac à dos augmentaient non seulement ma vitesse moyenne mais aussi le niveau de respect dont je bénéficiais de la part des automobilistes.

    Je suis donc passé du timide cycliste qui rase tranquillement les chaînes de trottoir au cycliste plus affirmé qui prend son espace, qui gère sa vitesse et son énergie pour « suivre le traffic » et bien se positionner pour ne pas être « mis en boîte », tassé dans un coin ou coupé au dernier moment. Je suis donc maintenant plus sensible à ma position sur le vélo, au poids et l’aérodynamisme de mon sac, mon vélo, mes vêtements, etc. L’été ma vitesse moyenne est plus près de 31-33 km/h, avec des dépassements fréquents au-dessus de 40.

    Les quelques petits détours que je fais vers le centre-ville me font aussi réaliser que ça se passe très différemment là qu’en banlieue. La vitesse y est moins utile et les aménagements y ont été améliorés de beaucoup au fil des années. Il y a aussi moins d’espace pour voir venir les piétons et les nids de poule, c’est complètement une autre expérience. J’ai l’impression qu’une position plus relevé avec des plus gros pneus seraient ma préférence si j’y roulais souvent.

    L’hiver, pour rouler occasionnellement ou tous les jours, il faut avoir une bonne idée des conditions qu’on va rencontrer :

    1- L’automne, je garde les pneus d’été jusqu’au moment où la température va plus loin en-dessous de zéro la nuit qu’au-dessus-de zéro le jour. L’asphalte des rues emmagasine la chaleur sur une période de plusieurs jours et une petite pluie le matin à -1C n’est pas risquée si la veille il faisait +6C au soleil. J’ai souvent roulé avec des GP4000S2 à -10C quand je sais que je ne croiserai pas de flaques d’eau gelées.

    2- Au printemps c’est différent. Il y a toujours de l’eau de fonte partout et il y a beaucoup de froid qui s’est emmagasiné dans le sol. Ça prend beaucoup de soleil avant de rouler en pneus d’été et il faut se méfier des passages à l’ombre en forêt ou ailleurs même quand la température est au-dessus de zéro.

    3- Le verglas. Là on sait à quoi s’attendre. C’est pire si le verglas est précédé d’une bonne pluie qui délave complètement le calcium qui restait sur les routes. La belle glace lisse et mouillée est la surface la plus glissante que je connaisse. Plus il y a de clous au sol mieux c’est. Des clous au milieu de la semelle y sont plus efficaces, tant qu’ils reçoivent assez de pression de la part du pneu. La glace lisse mais sèche et très froide (-10C) permet au caoutchouc d’y adhérer. Le verglas devient poreux et tourne vite en slush quand il y a du calcium sur la route.

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    Ce matin-là, petite averse verglaçante surprise. Les autobus ont cessé de rouler parce que c'était trop glissant, aucun voiture ne montait les viaducs. Les policiers tentaient de les faire monter une par une. Mon vélo était bien chaussé et je me suis faufilé assez facilement.

    4- La neige fondante, pelotante, la belle neige à bonhomme. La plupart des pneus y mordent assez bien, mais elle ne se tasse pas facilement et les clous ne la traverse pas toujours pour aller bien s’agripper à l’asphalte. Plus la couche est épaisse, plus il faut se méfier. C’est aussi la neige idéale pour former des plaques de glace épaisses et raboteuses.

    5- Les plaques de glace épaisses. Celles qui restent bien collées pendant des jours sur l’asphalte. Elles peuvent atteindre 1 ou deux pouces d’épaisseur. Elles peuvent être pleines de trous, de rainures, de bosses. Certains pneus dévient facilement sur le bord de ces plaques épaisses. Là-dessus aussi le design des pneus a évolué. J’en ai déjà fait des cauchemars. Je me réveillais en sursaut avec une sensation de roue avant qui part de côté. Notre sub-conscient nous parle, faut en tenir compte. J’ai trouvé ma solution maintenant et je dors assez bien.

    6- La neige froide, -5 ou -15C. Plus légère, plus fine lorsqu’elle est fraîche. Elle se transforme vite en formant une sous-couche de glace mince à chaque coin de rue. Il faut que les clous la traversent pour aller bien mordre dans la sous-couche. La neige elle-même glisse trop bien sur cette glace. Mordre dans le neige ne donne rien, il faut traverser la couche de neige avec le pneu. Et éviter tout changement de direction ou de vitesse quand on traverse ces zones de glace au polissage parfait.

    7- La neige froide tappée. La belle couche planche et dure qui roule si bien. Ça roule doux, vite, un vrai charme. Avec le petit son croustillant qui rappelle le crissement sous les bottes à -20C. Un des moments magiques dont on se souvient longtemps.

    8- Le banc de neige brassé et re-brassé par le traffic lourd. C’est l’ennemie à éviter selon moi. On y perd toute vitesse, on n’y a presque aucun contrôle sur la direction. Peu importe le pneu, on y est à risque. Les autobus sont la principale source de cette neige lourde et épaisse. Tout au long de leur circuit et surtout à leurs arrêts, ils roulent dans le banc de neige et le ramènent vers le centre de la voie. Il faut voir ces zones à l’avance et rouler dans la trace de leurs roues de gauche. Rouler dans la trace de leurs roues de droite n’est pas assez sûr pour moi. C’est dans ces cas-là que d’avoir assez de vitesse pour suivre une auto et imposer sa présence plus loin du banc de neige est plus sécuritaire et plus prévisible. Les voitures vont rarement plus de 35 km/h à l’heure de pointe près des intersections de toute façon dans la neige. Peut-être qu’un pneu de 6 po de large pourrait se conduire différemment, je n’ai jamais essayé.

    Alors selon les conditions que je prévois rencontrer, j’ai des préférences différentes pour mes pneus:

    Les W106 700 x 35 ont été pendant des années mon pneu de confiance pour l’hiver. Les deux rangées de clous placés près du centre donnent toujours une bonne pression des pointes au sol. Les gros blocs de caoutchouc tiennent les clous bien stables pour des milliers de km’s. La seule chose qui peut venir à bout de ce pneu, c’est que les clous peuvent finir par fatiguer la carcasse du pneu et la faire bomber légèrement en roulant. Ce petit mouvement fait percer la chambre-à air à la longue. J’ai un pneu qui a commencé à me causer des crevaisons comme ça après 20 ou 25 000 km environ. Catégorie indestructible selon moi.

    La forme de la semelle rappelle la forme d’un pneu de tracteur de ferme. Tout pour inspirer confiance. Le caoutchouc est de très bonne qualité et ajoute aussi à l’adhérence. J’ai toujours roulé les W106 près de leur pression maximale de 65 PSI. Ces pneus-là pèsent 890gr. C’est seulement quatre fois plus que mes pneus d’été. Les deux pneus sont plus lourds que la paire de roue! Alors c’est facile d’imaginer qu’il n’y a rien à gagner en réduisant la pression. Une carcasse aussi lourde devient simplement plus ralente et les clous mordent moins.

    Alors je n’ai jamais eu hâte de rouler sur les W106 quand venait les premiers signes de glace. Des 35 mm à 65 PSI roulent comme des pneus de camion et avec un tel poids, l’accélération est sérieusement réduite. Je perds instantanément 3 km/h en posant ces pneus-là. Difficile à accepter, mais avant que d’autres pneus soient mis sur le marché, il n’y avait pas d’autre façon d’obtenir une telle sensation de connexion solide avec la route. Dans la neige lourde, il ont tendance à danser d’un côté à l’autre en zig-zag. C’est un peu déconcertant au début, mais en laissant le vélo flotter sans mouvement brusque, je garde bien le contrôle et ça va très bien.

    Je pense que j’ai plus de kilométrage sur les W106 que sur tout autre pneu d’hiver. J’ai même pris l’habitude de les modifier. Les crampons latéraux ne touchent jamais au sol, ajoutent du poids, prennent dans le vent, draguent dans la neige. Vous me voyez venir. Si je cherche de la performance, je n’ai qu’à les enlever. 50gr de moins, preuve à l’appui. ;-) . Je ne sais pas si l’air passe mieux autour du bord du pneu, mais au moins la surface frontale est réduite un peu. 

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    Un de ces deux pneus a 15k km, l'autre a 2k km. Pas de traces d'usure, les clous sont toujours bien solides dans leurs trous, les pointes de carbure sont à peine arrondies.

    Leur point faible est la glace épaisse (voir 5- ci-haut). Les W106 ne sont pas souples et quand le pneu se fait soulever par une plaque de glace d’un seul côté, les clous centrés ne mordent plus à rien et le pneu peut suivre une rainure de travers. Je ne me souviens pas d’être tombé à cause de ça, mais j’ai eu quelques moments de frayeur assez désagréables.

    Il n’y a jamais eu beaucoup de choix pour des roues 700C. Pour nos vélos de montagne, il y a plusieurs options avec plus de 240 clous qu’on peut rouler à 20 PSI qui offrent une traction complètement débile sur la glace. Ils donnent l’impression de pouvoir grimper aux arbres tellement ils tiennent solidement au sol. Je suis allé travailler à quelques occasions avec une roue 26 po à l’avant avec un Schwalbe Ice Spiker 1.9 po quand il y avait beaucoup de glace épaisse sur mon trajet. Plus lourd et encore moins rapide, mais ça marchait bien. Pour la glace épaisse, ça prend un pneu souple et plusieurs rangées de clous.

    J’ai donc souvent cherché des pneus cloutés plus souples avec plus de clous, ou plus petits, plus légers et rapides pour les jours où la chaussé est dégagée mais pourrait être glacée par endroits. C’est comme ça que j’ai trouvé les Schwalbe Winter 30 x 700C. Un peu plus légers à 760gr, ce sont plus des pneus à glace que des pneus à neige. Les clous sont assez centrés et la carcasse est loin d’être souple. C’est donc un autre pneu à rouler dur mais qui garantit un très bon contact des clous au sol. Je les ai essayé sur des jantes Pacenti SL23 qui ont une largeur interne de 18.5 mm. Je trouvais qu’ils avaient tendance à déraper dans les virages et lorsqu’il un avait un peu de neige sur la glace. Je me suis monté des roues avec des jantes Kinlin XR270 plus étroites. À 17 mm de largeur interne, les pneus ont une forme plus arrondie qui avantage les clous. C’est un de mes meilleurs choix pour rouler sur une chaussée pas trop enneigée, surtout pour la roue arrière pour avoir de la traction à l’accélération.

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    En comparant le pneu neuf au pneu qui a quelques hivers d'usure, on voit que les clous usent leur trou dans le caoutchouc et développent un peu de jeu. Je ne pense pas que ça fasse perdre beaucoup de mordant.

    MGTD1048.JPG
    La forme du flanc est plus arrondie et fait bien ressortir les clous sur une jante de 17mm de largeur interne.

    D'après ce que je comprends, Le Schwalbe Winter est l'équivalent d'un Schwalbe Marathon avec des clous. Ce sont des pneus robustes destinés au vélo utilitaire. La diminution de la résistance au roulement n'est clairement pas une priorité lors de la conception de ces pneus. Quand on les compare à des pneus performants lors de tests de roulement, on voit la différence:

    Schwalbe Marathon 700 x 32 : 25 watts à 60 PSI
    https://www.bicyclerollingresistance...on-32-37-40-47

    Continental GP4000S II 700 x 28: 14 Watts à 60 PSI
    https://www.bicyclerollingresistance...0s-ii-23-25-28

    C'est la puissance nécessaire pour maintenir sa vitesse pour un pneu. Faut doubler la valeur pour les deux pneus. Si j'ai besoin de 200W pour rouler 32 km/h sur des GP4000S II, j'aurai besoin de 222W pour rouler à la même vitesse sur des Marathons. Ceux qui ont déjà roulé avec un PowerTap, Quarq, Stages, Vectors, etc. savent quel effort ça prend pour fournir 222W au lieu de 200W!

    Les Schwalbe Winter sont donc un peut moins ralents que les W106, mais ils roulent aussi très dur et ralentissent le vélo plus que des bons pneus souples.
    je vous laisse là-dessus pour le moment. Je vous reviens dès que j'ai une minute pour vous jaser des 45NRTH Xerxes et Gravdal. Sans vendre le punch, je pourrais dire plus légers, plus souples, mais pas parfaits non-plus.
    A+
    Dernière modification par Slowracer ; 03/12/2018 à 23h53.
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